Le cheval, guérisseur de l’homme…
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Pourquoi monte-t-on toujours à cheval ?

L’autre soir avec des amis, nous nous sommes demandé pourquoi nous montons toujours à cheval ?

En effet au moment où je décide de me mettre à cheval, sur ma jeune jument de 4 ans, Elle se coince l’arrière main. Elle qui jusque-là coulait des jours tranquilles au pré à être manipulée tranquillement, la voilà dans une écurie avec carrières, boxes, et ambiance de travail.
Rassurez-vous, j’ai tout de même gardé l’option pré ;) rien ne vaut une vie proche de sa vie naturelle pour une bonne intégration des changements. Mais il semblerait que la demoiselle vive un petit moment de stress.
Pas de boiterie franche en terme physique, rien à déclarer par l’ostéopathe…peut être un message à faire passer ? Une étape difficile à franchir ?
Par conséquent, cette question simple, mais (évidente ?) s’est présentée à moi…

Est ce que le cheval est fait pour qu’on lui monte dessus ?

Depuis des millénaires, l’homme monte à cheval. A l’origine, pour se déplacer, chasser, se nourrir, puis faire la guerre, cultiver les champs, mais depuis l’invention de la voiture, les chevaux sont plus utilisés pour le loisir, alors est il nécessaire de monter sur leur dos ?
Nous savons aujourd’hui que nous pouvons communiquer avec nos chevaux par le placement de notre corps à pied et l’échange de regard, si important…Alors pourquoi continuer à leur monter dessus si l’on peut vivre des choses si intenses à pied ?

Grande question….car je fais pourtant bien parti de ces gens qui n’envisagent aujourd’hui pas une relation uniquement à pied avec son cheval. On vit tellement de chose en symbiose, sur son cheval.
Peut-être est-ce le corps à corps ?
Le sens du toucher est relativement laissé pour compte dans notre société, alors que c’est le 1er sens qui apparait chez le fœtus. Lors que l’on monte a cheval, le toucher est le langage premier. Alors peut être qu’une piste pourrait être celle de répondre à un besoin mis de côté ? Une réponse de « physique à physique », de mise en action, de se sentir vivant ? d’aller de l’avant ? d’être porté bien sûr…si agréable de se laisser porté. Monter à cheval nous permettrait alors de retrouver un langage oublié ? Ceci est formidable alors…oui mais…si le cheval en tire des bénéfices ?!

Mon travail en kinésiologie est d’aider les chevaux en les comprenant. Le cheval miroir de l’homme ou guérisseur de l’homme est pour moi encore un point de vue où l’on utilise le cheval sans se préoccuper de sa disponibilité… (cf article précédent)

Monter dessus sans se poser de question = même résultat : utilisation du cheval à des fins personnelles…On ne peut donc pas tirer partie à 100% de son échange. Il est peut être important de se demander si le cheval est d’accord pour être le guérisseur de l’homme ? Comme nous, certains seront disposés mais d’autres non, alors comment savoir si nous ne les utilisons pas pour nous « guérir » à leur insu ?

Je n’ai biensûr aujourd’hui pas la réponse mais je pense qu’il est important de se demander où en est son cheval à chaque étape avant de lui imposer, de s’occuper de quelqu’un ou…de lui monter dessus.
Pour ma part, je pense qu’il est important comme pour les enfants de proposer puis d’observer. Il est évident que nous avons tous des objectifs et que le cheval ne prendra pas le dessus sur nos choix, quoi que… ?
Ce que je veux dire par là, c’est qu’il ne s’agit pas ici de prôner le cheval « roi », ce serait trop dangereux… mais simplement de passer un accord où la relation est « gagnant-gagnant ».

Le cerveau du cheval a peu voire pas changé depuis des millénaires, comme le nôtre d’ailleurs. En revanche son mode de vie, comme le notre, a évolué et si nous sommes parfois déstabilisés, il y a tout de même des bénéfices à notre nouveau mode de vie. Pour le cheval, cela est pareil. Il est donc important pour toute action, de faire comprendre à son cheval que l’action mise en place est bénéfique pour lui.

Sortez un cheval du pré, si vous lui « demandez » si il souhaite aller travailler en carrière, à ce moment précis, la réponse sera très certainement négative…et bien prenez la même situation pour vous … : si vous êtes dans votre jardin en train de vous relaxer par une après-midi de beau temps, et que vous avez une séance intense qui vous attend à 19h avec votre cheval, avez-vous à ce moment précis la motivation de monter ?...non plus…mais vous savez que le bénéfice en sera grand et qu’une fois en mouvement, vous serez content. A mon sens, c’est de cela qu’il s’agit : pas d’un moment précis, mais d’une succession de moments et de prises de conscience que ce moment est bénéfique pour soi, comme pour le cheval.
Le principe est de faire intégrer à son cheval que le travail de mise en action, en couple avec son cavalier est bénéfique pour lui.…de plus, si le cavalier est sur le cheval car c’est de cette manière qu’il est le plus à l’aise pour communiquer, alors ses indications claires, pourront l’aider à se muscler dans le bon sens, et à l’assouplir, il s’en sentira alors mieux le lendemain. Il ne pourra pas l’expliquer mais son corps le saura.

Ceci est mon point de vue, mon objectif personnel , mon objectif d’accompagnement…et si je ne peux pas répondre avec un savoir imposé, que monter à cheval est forcément bénéfique pour le cheval, je peux en revanche affirmer que monter à cheval en tenant compte des réactions de son cheval, avec un code clair et un échange permanent permet une évolution positive que le couple prendra plaisir à réitérer.